Régionales: accord PS-PRG après de laborieuses tractations

Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 28/07/2015 à 09:57

Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, et le président du Parti des Radicaux de Gauche (PRG), ont annoncé lundi 27 juillet un accord entre leurs deux formations en vue des élections régionales de décembre, à l’issue de laborieuses tractations.

De l’eau dans le vin du congrès

De retour d’un congrès à Saint-Malo, j’ai envie aujourd’hui de vous parler, non pas du contenu de ce congrès, mais de ce genre d’événement en général. Habitué aux congrès depuis pas mal d’années, j’ai eu l’opportunité d’en suivre un nombre incalculable au fil de mes expériences professionnelles. Et si je ne remets pas en cause les avantages potentiels de ces événements (j’en ai assisté à quelques-uns qui étaient tout simplement excellents), j’ai tout de même pu noter deux vices qui ont tendance à revenir souvent. Le premier demeure malheureusement la perte de vue de l’objectif, bien trop fréquente à mon goût. Avec le temps, cette sorte d’événement est devenue une formule tellement naturelle en entreprise que les patrons en oublient parfois l’objectif final. Ceux-ci font tout pour obtenir la meilleure idée, choisir des destinations exotiques ou proposer des activités sportives insolites. Malheureusement, la programmation leur fait souvent oublier la véritable raison d’être de ce style de réunions entre salariés : diffuser un message, ou même engendrer une cohésion d’équipe. L’événement incline ainsi à devenir une coquille sans âme, et c’est ce qui explique pourquoi de nombreux employés le jugent stérile. Parce qu’ils ont eu droit à trop de séminaires centrés sur l’amusement plutôt que sur le fond. Une autre erreur de choix (qui a le don de m’agacer, en ce qui me concerne) revient également trop souvent : celle consistant à organiser un congrès dans un cadre exotique. Les organisateurs devraient vraiment s’abstenir d’arranger de tels événements dans des cadres exotiques si l’on n’est là que pour travailler. Rien de tel pour nourrir la colère et l’incompréhension dans les rangs des salariés, qui se demandent pourquoi on les a conduits là pour les cantonner dans une salle tout du long ! Ca m’est arrivé à de nombreuses reprises, et ça n’a pas aidé à la cohésion de groupe, ni à faire passer un quelconque message ! Ca a seulement donné envie aux participants de changer de boîte (ce que j’ai fait, d’ailleurs). Et pour finir, je vous mets le lien vers le site de l’agence qui a planifié notre meeting à Saint-Malo : mon entreprise l’a adoptée il y a quelques mois et je dois dire que la qualité des événements organisés s’en est franchement retrouvée améliorée depuis. Je vous laisse le lien vers l’organisateur de notre séminaire à Saint-Malo. Cliquez pour en savoir plus.

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Guignols, petits meurtres entre amis

nicolas-sarkozy-et-segolene-royal-en-guignols-de-l-info_878074Monsieur de Sarcosie est aux anges : le n’a-t-on point surpris à chanter à tue tête : « Poupées de cire, poupées de cons » ? Jamais il ne sembla si enjoué, si gai, à fredonner tel le pinson d’avril. Son excellent ami Monsieur de Bolloré, qui préside aux destinées d’un salon jadis très couru, vient en effet de couper le sifflet de ces maudits Guignols que le Bref exécrait.

Cette petite coterie, ruineuse et toute d’irrévérence, commençait à lui taper sur le système : il décida donc d’y faire un vigoureux ménage, mais, tout à sa précipitation, il se montra oublieux du calendrier : en cette fin de printemps, la saison des meurtres n’était point encore ouverte. Mal lui en prit donc : la Cour s’émut de n’être un jour plus croquée sous des atours tantôt potaches, tantôt cruels.

Larmes de crocodiles ! Ma chère et tendre, ils s’en vinrent, ces courtisans avides de notoriété, à pleurnicher dans les gazettes à des fins de sauver ces poupées à leurs effigies dont ils tiraient force gloire. Même Monsieur de Juppé, qui semble parfois gagné par les fièvres du jeunisme, fit mine de déplorer la fin programmée de ces marionnettes. La vérité commande d’avouer qu’il se trouvait fort aise d’y voir son rival le Bref brocardé et moqué avec une constance qui forçait l’admiration et faisait les délices de ses ennemis.

Ma mie, vous savez le proverbe qui veut que qui trop embrase mal éteint : sitôt passée la polémique, le soufflé retomba tel un bonnet afghan. Vint la touffeur de l’été, une saison si propice aux petits meurtres entre amis.

Sachant la Cour déserte et Paris libéré de ses harengères, Monsieur de Bolloré remis son ouvrage sur le métier et s’empressa de congédier les auteurs du livret de ces marionnettes.

Et personne ne moufta. Ni vu ni connu, les Guignols furent condamnés à subir le sort de Saint Denis, l’infortuné céphalophore.

Plus avisé qu’à la fin du printemps, Monsieur de Bolloré, qui compte ses deniers, prit cette fois grand soin de laisser révéler les émoluments pharaoniques des librettistes, ce qui eut l’effet de calmer in petto les derniers aficionados d’un salon qui, confessons-le, avait beaucoup perdu de son lustre.

D’aucuns, sans doute aigris de n’y point figurer en bonne place, se fendirent d’une oraison funèbre toute de fiel et de rancœur. Mais les faux culs ne manquèrent point à l’appel : indignations, trémolos, larmichettes, regrets éternels, condoléances… Ha ! Les cuistres ! Ils ne daignaient plus s’y produire, sifflant avec dédain que seuls les ministres s’y trouvaient encore choyés, à la demande pressante des mages et imagiers du roi qui s’esbaudissaient à l’idée que l’on y chantât si talentueusement les louanges de la doxa sans culotte.

Le chanoine de Caunes, à présent relégué en la crypte, en fut le malheureux anchorman, un maître de cérémonie certes digne de son rang mais un peu translucide, tout de componction et de bienveillance avec ses invités.

Lassé de cracher au bassinet, agacé de constater que d’autres salons faisaient salle comble pendant qu’il se trouvait à compter les chaises vides, Monsieur de Bolloré s’en remit à l’invention du docteur Guillotin à des fins d’apurer ses comptes et redresser la barre d’un navire qui gitait dangereusement à bâbord. « Avec ma machine, je vous fais sauter la tête, et vous ne souffrez point… Tout au plus le condamné ressent-il une impression de souffle frais ».

Un temps séduit par les pratiques des Indiens Navajos qui s’entendent à réduire les têtes, tout également tenté par le vaudou, Monsieur de Bolloré préféra in fine s’en remettre aux bonnes vieilles méthodes « Made in France ».

Ma chère et tendre, s’il est une chose dont il faut nous éjouir, c’est celle de savoir que les étés sont immanquablement meurtriers.

Adaptation au droit UE, signalements pédophilie: le Parlement a adopté le projet de loi

Le Parlement a dfinitivement adopt jeudi, par un ultime vote de l’Assemble, le projet de loi d’adaptation de la procdure pnale au droit de l’UE. Ce texte comprend un dispositif d’information de l’employeur d’une personne exerant auprs de mineurs et souponne de pdophilie.

Signé, mais contesté. Le Parlement a définitivement adopté jeudi le projet de loi d’adaptation de la procédure pénale au droit de l’UE. Un texte qui comprend un dispositif d’information de l’employeur d’une personne exerçant auprès de mineurs et soupçonnée de pédophilie.

Rejeté une nouvelle fois à la mi-journée par le Sénat, à majorité de droite, la loi a finalement a été voté définitivement par l’Assemblée nationale, qui avait le dernier mot et qui a rétabli auparavant sa version. PS, radicaux de gauche et écologistes y ont apporté leurs suffrages, les groupes LR et UDI se sont abstenus en raison de plusieurs « cavaliers législatifs ».

La droite va saisir le Conseil constitutionnel

Les sénateurs de droite ont annoncé qu’ils saisiraient le Conseil constitutionnel. En cause, le dispositif d’information de l’employeur d’une personne exerçant des activités auprès de mineurs et soupçonnée de pédophilie, prévoyant des cas, limités, d’information possible par le parquet dès le stade d’une garde à vue.

La ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem a récusé une « réponse de circonstance » et défendu un dispositif offrant « un cadre légal clair » sur la transmission d’informations, question sensible soulevée par de récents scandales de pédophilie à l’école. « Ce n’est pas un blanc seing que vous donnez au gouvernement, voilà un mois que nous avons engagé le débat et le texte a bien évolué », entre autres pour « renforcer les droits et garanties de la personne mise en cause », a-t-elle ajouté à l’attention des députés.

La droite et le centre se sont néanmoins inquiétés une nouvelle fois d’un possible dispositif « attentatoire à la présomption d’innocence ».

Renforcement de la protection des témoins

Ce texte, qui transpose pour le reste plusieurs directives européennes, comporte d’autres dispositions diverses, comme le renforcement de la protection des témoins contre des représailles dans les procédures concernant certains crimes et délits, ou la majoration jusqu’à 10% des amendes, hors amendes forfaitaires, au profit de l’aide aux victimes (après une censure d’une première version par le Conseil constitutionnel).

En outre, un article vise à combler une faille juridique pouvant profiter au Front national dans le cadre de l’enquête en cours sur son financement.

Le Conseil constitutionnel valide l’essentiel de la loi renseignement

Le Conseil constitutionnel a rendu ce jeudi sa dcision sur la controverse loi renseignement. La majeure partie du projet a t juge conforme par les Sages.

Une majeure partie de la loi renseignement a été validée dans la nuit de jeudi à vendredi par le Conseil constitutionnel. Saisis sur ce projet controversé par le chef de l’Etat François Hollande, le président du Sénat Gérard Larcher, et plus de 60 députés, les Sages ont toutefois censuré trois articles.

Parmi eux, l’article qui, en cas « d’urgence opérationnelle », devait permettre aux services de renseignement de déroger à l’avis du Premier ministre et de la commission de contrôle. Il s’agit, selon le Conseil, d’ « une atteinte manifestement disproportionnée au droit au respect de la vie privée et au secret des correspondances. »

Un article qui concerne la « surveillance internationale », ainsi qu’un article mineur qui touche aux lois de finances ont également été jugés non conformes.

Un « progrès décisif » pour Manuel Valls

Les autres dispositions de ce texte, combattu par de nombreuses associations et critiqué jeudi par le Comité des droits de l’Homme de l’ONU, ont été validées. « Contrairement à ce qui été martelé, ce texte n’organise en rien une surveillance de masse. C’est au contraire une loi qui garantit la protection des libertés par le renforcement de l’Etat de droit », s’est réjoui dans un communiqué le président de la Commission des lois, le député PS du Finistère Jean-Jacques Urvoas.

François Hollande a « pris acte » jeudi soir dans un communiqué de cette censure partielle, qui ne « modifie en aucune façon l’équilibre de la loi et ne prive pas les services de renseignement de leurs moyens d’agir pour la protection de nos intérêts et la sécurité des Français ». Sur Twitter, Manuel Valls a salué, de son côté, un « progrès décisif ».

C’est une victoire pour François Hollande, qui, face aux contestations venues en partie de son propre camp, avait décidé de saisir lui-même le conseil constitutionnel.

Patrick Balkany s’attaque aux médias

Patrick Balkany a dpos trois propositions de loi l’Assemble nationale demandant la privatisation de l’audiovisuel public, ainsi que la suppression des aides et des avantages fiscaux la presse. Le maire de Levallois dment vouloir « stigmatiser une profession ».

Patrick Balkany lance une offensive contre les médias. Selon une information révélée jeudi par Le Lab d’Europe 1 et confirmée par l’Assemblée nationale, le député Les Républicains des Hauts-de-Seine a déposé mercredi trois propositions de loi à l’Assemblée nationale visant les médias.

> Lire: Ces affaires qui touchent les Balkany

Une première loi réclame la « privatisation de l’audiovisuel public » à l’exception de « Arte France, France Média Monde, TV5Monde et l’Institut national de l’audiovisuel (INA) ».

« Alors que notre pays est dans une situation économique difficile, qu’il nous faut réaliser des économies budgétaires drastiques et que les Français croulent sous les impôts et les taxes, on peut s’interroger sur la pertinence de conserver, au regard des montants engagés chaque année, les groupes généralistes du secteur audiovisuel public: France Télévisions et Radio France », soutient le maire de Levallois-Perret, qui critique aussi « le manque d’objectivité et la partialité évidente de certains programmes diffusés sur ces chaînes publiques ».

Supression des avantages fiscaux

Dans une deuxième proposition de loi, Patrick Balkany demande « la suppression des aides à la presse écrite », justifiée aussi par « l’état de nos finances publiques » et le fait que la presse serait « un secteur sous perfusion d’argent public qui peine à se réorganiser et à opérer sa transition numérique ». Dans un troisième texte, le maire de Levallois demande la « suppression de l’avantage fiscal dont bénéficient les journalistes dans le calcul de leur impôt sur le revenu », y voyant un « privilège qui ne se justifie plus aujourd’hui, continue de perdurer, créant ainsi des situations inégalitaires qu’il faut corriger. »

Le député, qui s’est souvent opposé aux médias ces dernières années, comme lors d’un coup de sang contre une équipe de BFMTV pendant la campagne des municipales, jure qu' »il ne s’agit en aucun cas de stigmatiser une profession. »

Loi renseignement: le Conseil constitutionnel s’en prend à la surveillance internationale

Les Sages ont trs largement valid la teneur de la controverse loi sur le renseignement. Seuls trois articles ont t censurs. Le point sur celui portant sur la surveillance internationale.

C’est à n’en pas douter un succès pour la majorité. Ce jeudi, le Conseil constitutionnel est allé dans le sens du gouvernement, validant quasiment l’ensemble de la loi renseignement. En effet, sur les 27 articles, seules trois petites mesures ont été censurées. Déjà, de nombreux acteurs du numérique montent au créneau pour dénoncer cette décision. Depuis des mois, ils critiquent le caractère intrusif des mesures de surveillance autorisées par le projet de loi.

> Lire: Vis ma vie de personne espionnée sous la loi renseignement

La principale censure du Conseil constitutionnel ne porte pas sur les méthodes de renseignement mises en oeuvre dans le pays. A aucun moment, les Sages n’ont remis en cause la capacité des renseignements à utiliser des « boîtes noires » au sein des infrastructures réseau, pour intercepter au moyen d’un algorithme des données susceptibles de révéler une menace terroriste. Les Imsi-catcher, ces valises qui visent à capter sur un périmètre donné les métadonnées téléphoniques de n’importe quel passant, ou si besoin, le contenu des conversations, n’ont elles aussi pas fait l’objet d’une censure par le Conseil constitutionnel.

  • Notre infographie >> La loi renseignement en un coup d’oeil

Que voulait faire le gouvernement?

Il est fréquent en matière de renseignement de distinguer la surveillance intérieure et extérieure. Les États-Unis en fournissent l’exemple parfait, le pays disposant d’un régime exclusivement dédié à la surveillance à l’étranger. La loi renseignement suivait cette méthode, à travers son article 6. Le texte portait ainsi sur la surveillance « des communications qui sont émises ou reçues à l’étranger ». Un régime dérogatoire, assoupli, dont la teneur devait être définie par décret, en Conseil d’État, dans la plus stricte confidentialité.

Il s’agissait notamment de déroger aux règles de condition d’exploitation des données, de leur conservation et de leur destruction. Autant dire que l’on ne savait rien, ou presque, sur les conséquences réelles de la mise en oeuvre de cet article.

Pourquoi cette censure?

Que signifie réellement cette surveillance des communications « émises ou reçues à l’étranger »? Difficile à dire. Ce flou rédactionnel semblait en effet ouvrir potentiellement la voie à une surveillance de grande ampleur. Quel type de communication visait le gouvernement? Que penser par exemple des discussions stockées sur des serveurs à l’étranger, comme c’est le cas pour la plupart des réseaux sociaux utilisés dans le pays? Si elles entraient dans le champs de cet article, l’exception devenait potentiellement la règle.

C’est ce manque de précision, et les implications qui en découlaient, que les Sages ont censuré. Ils ont ainsi donné raison aux députés opposés à cette loi. Ces derniers estimaient que le législateur « n’a pas déterminé les règles concernant les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques ». Ils devront se contenter de cette petite victoire.

L’Europe, maintenant…

L’Europe sort-elle affaiblie ou renforcée de la crise grecque? Les avis divergent et ces discordances sont profondément révélatrices du profond remaniement idéologique qui affecte l’ensemble du continent et dont la vie politique française est un peu le miroir. Plus que le traditionnel antagonisme droite/gauche, l’attitude adoptée relativement à l’avenir de l’Europe va de plus en plus définir les discordances politiques et dessiner par là même un nouveau paysage non exempt de surprises.

Au delà de critiques ponctuelles sur le fonctionnement de l’Union, les vrais ressorts de l’euroscepticisme (pour ne pas dire de l’europhobie) sont la résurgence des nationalismes et le rejet du libéralisme économique. Le premier, qui vient surtout de droite, n’est pas vraiment nouveau et il se camoufle derrière la défense de la souveraineté des états. Le second n’est que la réactualisation de l’anticapitalisme issu du marxisme, à qui l’opposition aux pratiques néolibérales a donné une seconde jeunesse. Comme d’une part le projet européen conduit inéluctablement, sinon au fédéralisme, du moins à la mise en place d’une autorité politique supra-nationale et que (comme en témoignent les dernières propositions de François Hollande), la réflexion sur la crise grecque a agi en ce sens comme un révélateur, comme d’autre part l’Europe qui se construit s’inscrit dans la perspective historique du capitalisme libéral, la conjoncture actuelle réveille les controverses et les porte à l’incandescence.

La nouveauté est dans le brouillage de la communication et l’ambiguïté qui en découle. Mettre en cause le capitalisme n’est plus l’apanage du seul discours marxiste, de moins en moins audible, victime qu’il est tant de son dogmatisme que du constat évident que les choses ne se sont pas du tout passées telles qu’il l’avait prédit. Dans une indifférence croissante, les groupuscules trotskistes persistent à marmonner de plus en plus faiblement leur catéchisme répétitif et les héritiers du lénino-stalinisme peinent à exister. Quant aux invectives de J-L. Mélenchon, elles amusent plus qu’elles ne convainquent.

En revanche, on voit naître et croître brusquement des populismes brouillons qui séduisent un électorat dont le niveau sommaire de culture politique se contente de slogans simplificateurs. Pour ceux là, l’Europe est responsable de tous les maux, elle confisque aux citoyens des états leurs droits souverains, elle nie les identités nationales, elle ouvre grand les portes à une immigration invasive, elle impose des règles absurdes et, surtout, elle est l’agent de la finance ultralibérale dont l’instrument pervers est l’euro. Dans ce fouillis idéologique, finissent par se marier l’anti-libéralisme de gauche et le nationalisme de droite dont témoignent d’étranges rapprochements, de l’alliance en Grèce du gauchiste Syriza avec les très droitiers identitaires « Grecs indépendants » à l’affinité soudaine, en France, que J-P. Chevènement manifeste à l’égard de Nicolas Dupont-Aignan, lui-même assez proche de Marine Le Pen…

Le problème de ces mouvements épisodiques est qu’un éphémère succès peut les porter au pouvoir. La confrontation, alors, entre leurs promesses inconsidérées et la froide réalité conjoncturelle signe rapidement leur déclin en démontrant leur impuissance, comme en témoigne en Grèce la débâcle de Syriza. C’est cette occurrence que doivent saisir les partisans du projet européen, à charge pour eux de dépasser les blocages nés des égoïsmes nationaux et du manque de perspective de classes politiques plus soucieuses de carrières et de réélections que d’intérêt général. Les carences révélées par la question grecque peuvent là jouer le rôle d’un révélateur et obliger à prendre des décisions. Rendre aux peuples des états européens confiance en un projet d’union hors duquel le déclin est assuré est l’impératif absolu. Pour ce faire, il faut engager des actions fortes pour restaurer les solidarités entre membres de l’Union, à commencer au plan fiscal et budgétaire. Il faut s’entraider et non pénaliser. En Grèce, par exemple, la prétendue tutelle doit devenir conseil en vue de la construction d’un état moderne et l’allègement d’une dette ingérable doit y être associé.

Il faut d’autre part démystifier les discours idéologiques. Pas plus que l’islamisme ne se confond avec l’islam même s’il en procède, le néolibéralisme n’est pas l’aboutissement de la pensée libérale, mais sa radicalisation et comme toutes les radicalisations, il s’inscrit dans l’excès et le dogmatisme. L’Union européenne (spécialement l’eurozone) n’a jamais été ultralibérale. Plus le temps passe, plus la complémentarité droite/gauche se reconstruit sur une base nouvelle : d’un côté, l’ordolibéralisme tel que le conçurent au XX° siècle des économistes allemands (dialogue entre le capital et le travail en vue d’un consensus social, liberté d’entreprendre, le tout sous l’égide d’un état démocratique arbitre et régulateur), de l’autre le social-libéralisme, forme moderne de la social-démocratie restée soucieuse de redistribution des richesses, mais libérée de l’obsession anticapitaliste dont les fiascos du XX° siècle ont tragiquement montré la part d’illusion.

Dans un monde que le progrès technique métamorphose à une prodigieuse vitesse, la vieille Europe a encore certainement beaucoup à apporter, mais il lui faut pour cela resserrer les rangs et renoncer à chercher des solutions dans les utopies du XIX° siècle, nationalisme ou collectivisme, qui furent un moment de l’histoire, mais que celle-ci a depuis longtemps dépassées au prix des désastres que furent les guerres mondiales, les idéologies génocidaires ou la tragique aventure du communisme.

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