Myriam El Khomri chez Pôle emploi: « Bonjour, je suis la nouvelle ministre »

A peine nomme, la remplaante de Franois Rebsamen a visit une agence Ple emploi parisienne. Un nouveau style de communication face au flau du chmage. Reportage.

« Bonjour, je suis la nouvelle ministre de l’Emploi. J’ai été nommée aujourd’hui. » Il est 16h25 et Myriam El Khomri vient de descendre de sa Peugeot 508 grise pour s’engouffrer dans l’agence Pôle emploi de l’avenue Armand Carrel, dans le XIXe arrondissement de Paris. Il s’est écoulé à peine trente minutes entre ses premiers mots sur le perron du ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, où elle a succédé à François Rebsamen, et sa visite auprès de l’organisme dont elle devra commenter chaque mois les statistiques, jusque-là moroses.

« Tous les mois à l’annonce des chiffres du chômage, j’aurai une pensée émue pour toi », lui a lancé son prédécesseur, qui a peu goûté ces « moments de solitude ». Pour l’heure, Myriam El Khomri prend ses marques avec le sourire. Le message envoyé est limpide: le chômage n’attend pas, alors la nouvelle ministre n’a pas traîné avant de faire ses premiers pas chez Pôle emploi. Coutumière des déplacements après un parcours à la Mairie de Paris et un poste de secrétaire d’Etat à la Ville, son agenda restera chargé en visites de « terrain ».

Son entrée se fait par « l’espace numérique » de l’agence, quelques bornes informatiques en libre-service. Une vingtaine de demandeurs d’emploi patientent en file indienne derrière les trois guichets d’accueil. A l’exception d’une grappe de journalistes venue immortaliser les premiers pas de la ministre à l’assaut du chômage, le hall est étonnamment clairsemé à une demi-heure de la fermeture.

« Une agence modèle »

14 000 chômeurs de toutes catégories sont inscrits dans cette agence, expliquent des conseillers, mais seuls 6000 sont effectivement en recherche d’emploi; les autres sont en formation, en contrats aidés, en intérim ou travaillent comme intermittents. Karine, énergique conseillère à l’indemnisation, observe le balai des médias et des proches de la ministre, dont elle a appris la venue une heure plus tôt. « Ici c’est une agence modèle », assure celle qui revendique « 15 ans d’institution » – Assedic puis Pôle emploi -, dont « plus de 5 ans » dans le XIXe arrondissement. « Les services sont bien structurés. Chaque étage a un manager. On n’a pas le temps de remplir toutes nos missions, mais on arrive à gérer l’urgence », juge Karine.

Derrière elle, Myriam El Khomri traverse la pièce au fil des poignées de mains. Chaque demandeur d’emploi placé sur son chemin a droit à quelques questions rituelles: « depuis combien de temps vous êtes au chômage? », « vous êtes en formation? », « vous êtes bien accueillis ici? », conclu d’un « merci et bon courage ». Dans la « zone de confidentialité » délimitée par un trait rouge au sol, un échange entre un chômeur et une agent d’accueil est filmée en gros plan par trois chaînes de télévision. « Pourquoi vous avez été radié, monsieur? », lance la salariée de Pôle emploi à un homme d’une cinquantaine d’années. Sa réponse est interrompue par l’irruption de la ministre.

« Nos offres, c’est le marché qui les crée »

Derrière le guichet, Mohand tente de garder un oeil sur les usagers malgré la frénésie ambiante. Ancien de l’ANPE, toujours spécialisé dans le placement des chômeurs, il ne prête pas beaucoup de pouvoir au ministre du Travail. « Il peut apporter des budgets pour les contrats aidés, mais le reste de nos offres, c’est le marché qui les crée. Quel est le pouvoir d’un politique pour ramener de la croissance? », s’interroge-t-il. Aujourd’hui, Mohand dispose de 500 à 600 offres d’emploi déposées par des entreprises, mais la plupart, estime-t-il, ne correspondent pas aux profils des demandeurs d’emploi.

« En période de chômage élevé, les postes faciles à pourvoir partent facilement par le bouche-à-oreille, explique Mohand. Les autres, ceux qui sont compliqués à combler, arrivent chez nous, mais les gens qui pourraient les occuper sont déjà embauchés, et ce n’est pas notre boulot de les débaucher! C’est comme ça que les employeurs en arrivent à dire qu’ils ont tenté de recruter par Pôle emploi, mais que ça n’a pas marché. » Le travail de Mohand consiste surtout à envoyer les chômeurs en formation, à les réorienter: « Il faut convaincre les entreprises de prendre quelqu’un qui se rapproche du profil, si l’on se charge de financer son adaptation. »

« Je me remets au travail »

« Adaptation », « formation », « mobilité »… Seules pistes concrètes évoquées pour faire baisser le chômage, les termes jalonnent la visite de Myriam El Khomeri. Au quatrième étage de l’agence, une réunion s’improvise entre la nouvelle ministre, des responsables de Pôle emploi et des représentants de l’Etat. « Quel est votre budget de formation? Comment l’aide à la mobilité se concrétise? », interroge Myriam El Khomri à l’adresse du directeur d’agence. « On va les laisser travailler à huis-clos », interrompt une chargée de communication, en train d’évacuer la presse vers le hall d’accueil où la ministre réapparaît une quinzaine de minutes plus tard.

Il est 17h05, l’agence vient de fermer ses portes et le hall d’accueil s’est vidé. Les caméras s’installent en arc-de-cercle pour capter les derniers mots de la ministre, au grand dam de son service de presse qui ne voulait pas d’un cadre « trop solennel ». « Je connais ces gens en situation de chômage », assure Myriam El Khomri, qui, dimanche dernier, évoquait encore le manque d’accès à l’emploi dans les quartiers sensibles lors d’une interview aux Echos. Dans les prochains jours, elle promet qu’elle parlera « aux acteurs de l’emploi mais aussi à ceux de l’entreprise ». La ministre est moins loquace sur les questions qui fâchent. La réforme du droit du travail? « Je prendrai connaissance du rapport qui nous sera remis. » Celle de l’assurance-chômage? « Merci, lance-t-elle en s’échappant, maintenant je vais me remettre au travail. »

Le coryphée des faux-culs

francois-hollande-173_5406609Sire, une question vient à nous hanter : l’âge venu, seriez-vous enfin rallié à la cause divine, mécréant que vous fûtes ? Les rois seraient-ils tout ainsi que les courtisanes qui se donnent à Dieu lorsque le Diable n’en veut plus ?

Sire, vous vîntes à confesser en un livre que nous eûmes la grâce de parcourir. Quel ne fut pas notre émoi ! Les aveux d’un roi sont choses si rares, si inouïes que nous en restâmes un moment comme deux ronds de flan.

Etait-ce bien là le destin d’un monarque de s’en aller confier ses doutes et ses remords à une gazetière qui n’en néglige nulle miette ? Cette étrange venue à résipiscence nous plongea un court moment dans la plus dense des perplexités. Par le Ciel, le roi qui n’est point cul béni, s’est-il mué en faux dévot, en faux-cul, pour autant que vous daigniez, Sire, nous pardonner cette offense.

Nous nous étions accoutumée des « Non, je ne regrette rien », nous nous en étions lassée, tout autant que de vos harangues conjuratoires, de vos incantations de grand prêtre à la ramasse.

Vous-même, Sire, étiez sans doute gagné par le doute : « Mes sujets m’entendent-ils encore, sommes-nous habité par le sortilège du onze janvier qui fit de nous une sorte de roi-soleil ?

Durant l’été torride qui nous accabla, vous ne restâtes point hébété, écrasé de chaleur, ainsi que nous le fûmes lorsqu’il vous vint l’idée de nous bâter de si lourds impôts que nous ployâmes en implorant la pitié céleste.

Bourgeois de Calais

Vous mîtes, Sire, cette trêve estivale à profit et convoquâtes votre sanhédrin intime, vos mages et maîtres à penser de premier rang : vous les tirâtes de leurs villégiatures et c’est en pestant qu’ils se trouvèrent à plancher sur un nouveau charabia que vous nommez si hypocritement « éléments de langage ».

Ils passèrent un été studieux, loin des plages, tout à s’écharper, se chamailler, s’engueuler et s’étriper. Mais pour cette fois, après une mise bas un peu compliquée, ils convinrent de vous suggérer de faire vôtre la partition de la contrition.

Lorsqu’ils vinrent à vous soumettre le fruit de leurs exercices de presse-méninges, vous vous fâchâtes ; l’on nous rapporta que vous vous écriâtes : « Nous avons coltiné tous les sobriquets, mais nous ne pouvons tolérer de nous en aller mander à nos sujets, tel un bourgeois de Calais, que nous fûmes nul ! Ne hasardez plus de nous moquer : nous sommes le roi de France.

Les mages, vertement tancés, plongèrent le nez dans leurs grimoires, attendant que l’orage passât, spéculant en loucedoc sur la versatilité d’un monarque capable de mander noir le lundi et blanc le mardi.

Médiocres mazarinades

Quelques lunes passées, vous convoquâtes à nouveau vos mages, tout gonflés d’arrogance, prêt que vous vous montrâtes à entendre leurs médiocres mazarinades.

Parvinrent-ils enfin à vous convaincre ? Certes, Sire, vous vous gardâtes de solliciter le Grand pardon qu’ils entendaient vous infliger. Mais vous acceptâtes néanmoins de battre votre coulpe et confiâtes donc à cette célèbre gazetière que vous auriez du proroger le relèvement de la taxe sur la valeur ajoutée décrétée par votre prédécesseur Nicolas le Bref à des fins d’épargner à vos sujets les hausses qui les frappèrent lors de l’exécution des budgets.

Cet aveu, Sire, nous coupa le sifflet. Puis, toute à notre réflexion, nous vînmes à comprendre pour quelle raison vous décidâtes de baisser les impôts : absolvez, Sire, la licence de l’ironie qui nous incite irrémissiblement à vous considérer comme un illusionniste un peu gourd, ainsi que manchot, ce qui est fâcheux dans la praxis de cet art divinatoire.

Sire, vous n’avez point le premier liard pour financer cette baisse ! L’on ne peut un moment s’abuser et mordre à cet hameçon, telles des carpes farcies de vos bobards.

Et puisque vous étiez à tricoter des aveux dignes du premier vide gousset venu, vous n’hésitâtes point, Sire, à pleurnicher sur l’état de délabrement de votre coterie : « Nous avons fait le pari que la gauche était devenue mature, que, minoritaire dans le pays, elle serait capable de comprendre qu’elle devait faire bloc pour gouverner : mon constat, c’est qu’une partie de la gauche ne l’admet pas ».

Noé dans son arche désertée

Sire, voici qui, assurément, ne recollera point les morceaux de la faïence cassée. Ce n’est point livrer secret que mander qu’à présent, vous voici tel Noé errant dans son arche désertée, ballotée par les courants contraires, telle un frêle esquif sur le point de s’en aller se fracasser sur les récifs.

Nous fûmes surprise par cette autocritique, digne des extravagances cruelles de la Révolution culturelle qui ensanglanta jadis le Céleste empire. Vous verrait-on sous peu arpenter les rues de Paris, ceint d’une cangue adornée de slogans vous couvrant d’opprobre ? « Vipère lubrique, hydre capitaliste, tigre de papier » : sinistres formules qui causèrent la mort du vice-roi Liu Shaoqi.

Souffrez, Sire, que vous nous vous livrions une confidence : en tirant la porte de ce confessionnal, nous avons deviné que vous entendiez reconquérir le cœur de vos sujets, en leur tenant un langage de vérité, d’humilité, de modestie, à des fins qu’ils ouvrent à nouveau leurs esgourdes et se montrent chavirés de l’aveu de vos péchés. Vous absoudront-ils ? Se laisseront-ils abuser par votre coup de bluff ? Qu’il ne s’agit là que d’un stratagème de communiquant persuadé que le pardon lave plus blanc que blanc ?

Leonarda

Avez-vous donc, Sire, l’intention de persister dans ce rôle de coryphée du bal des faux-culs ? Le job peut s’avérer mortifère : que manderez-vous lors de votre prochaine harangue de rentrée ?

– Que vous regrettez d’avoir couvé cette épouvantable gamine, Leonarda, qui vous fit éhontément chanter ?

– Que vous regrettez de vous être montré si goujat avec cette enquiquineuse de Madame d’Alors ?

– Que vous regrettez d’avoir promis de terrasser le désœuvrement ?

– Que vous regrettez encore d’avoir mené le royaume au désenchantement et à la ruine ?

– Que vous avez commis des erreurs de débutant, et que vous ne vous amendâtes qu’après la tragédie qui accabla la France au début de cette année ?

Sire, souffrez, pour finir, que l’on vous mande le plus effrontément du monde, que vous celez un immense talent que vous exploitez à merveille. Celui de vous tirer des balles dans le pied.

Droit du travail: l’Institut Montaigne veut des accords d’entreprise plus forts que la loi

Donner plus d’importance aux accords d’entreprise plutt qu’au code du Travail. C’est l’une des propositions que soumet le libral Institut Montaigne dans le dbat qui s’ouvre en ce moment sur le droit du travail.

Une étude du libéral Institut Montaigne préconise de faire primer les accords d’entreprise ou de branche sur le Code du travail. En effet, alors que le gouvernement multiplie les déclarations (tout en pesant les mots) le modèle actuel est jugé « peu performant » par les auteurs de l’étude.

Intitulé « Sauver le dialogue social: priorité à la négociation d’entreprise », l’étude dénonce « la construction législative, jurisprudentielle et doctrinale du droit du travail (…) historiquement datée ». Le modèle actuel, « dominé par un État législateur encore omniprésent », a fait la preuve de son inefficacité et doit être révisé de manière radicale, selon l’Institut.

Faire de l’accord d’entreprise « la norme de droit commun »

Selon l’Institut Montaigne, la France devrait s’inspirer de ses voisins allemand, autrichien ou italien, où « une forte logique d’autonomie » est accordée aux partenaires sociaux qui « déterminent eux-mêmes la majeure partie des règles du droit du travail au niveau des branches, des régions ou des entreprises », affirme l’étude. En ce sens, il faut « revoir profondément la hiérarchie des normes en droit du travail », en faisant de l’accord d’entreprise « la norme de droit commun » régissant les relations de travail.

« Ce n’est qu’à défaut d’accord d’entreprise que l’on devrait appliquer les accords de branche, d’une part, et, d’autre part, qu’à défaut d’accord de branche et d’accord d’entreprise que les textes du Code du travail (lois et règlements) devraient s’appliquer », détaille l’institut.

Le gouvernement a fait savoir à plusieurs reprises qu’il envisageait de donner plus de place aux accords d’entreprise qu’à la loi, suscitant l’inquiétude des syndicats. Dimanche devant des militants du Parti socialiste réunis à La Rochelle, le Premier ministre Manuel Valls a ainsi appelé à « revoir en profondeur la manière même de concevoir notre réglementation » en matière de droit du travail, défendant le fait de donner « plus de latitude » aux employeurs et aux salariés « pour décider eux-mêmes ». Un rapport du haut fonctionnaire Jean-Denis Combrexelle doit être remis en septembre pour faire des propositions en ce sens.

Le ministère de la Justice emploie plus de 40 000 personnes au noir

Le ministre de la Justice emploie lui seul 40 000 personnes au noir, selon un rapport d’inspection interministrielle pour l’emploi.

Le gouvernement donne-t-il le mauvais exemple? Le ministère de la Justice est durement épinglé par un rapport d’inspection interministérielle pour l’emploi de 40 000 personnes non déclarées. La situation en cours de régularisation, assure mardi la chancellerie. Le rapport des inspections générales des Finances, des Services judiciaires et des Affaires sociales, cité par plusieurs médias, évalue à près de 50 000 le nombre de ces « collaborateurs occasionnels du service public » employés par différents ministères, dont « 40 500 pour le seul ministère de la Justice ».

Ces employés sont interprètes, experts ou encore médiateurs, et travaillent sous le régime de « collaborateurs occasionels du service public » (COSP). Ils sont souvent amenés à intervenir quotidiennement et sont considérés comme des prestataires, rémunérés à l’heure: « le ministère de la Justice n’applique aucun assujettissement aux cotisations sociales et assimile les indemnités de ses collaborateurs à des prestations sans pour autant mettre en place les conditions de leur assujettissement à la TVA », selon le rapport, rendu à l’été 2014 et révélé par le Canard enchaîné à paraître mercredi.

Un demi-milliard d’euros pour la collectivité en cas de poursuites judiciaires

Le document, qui souligne que cette pratique est très ancienne, estime qu’en cas de poursuites judiciaires collectives, le coût pour les finances publiques serait « de l’ordre d’un demi-milliard d’euros ». Plusieurs plaintes individuelles ont déjà été déposées, notamment par des traducteurs-interprètes: « Ce sont des personnes qui travaillent exclusivement sur réquisition des autorités de police ou judiciaires. C’est 100% de leur activité professionnelle », affirme leur avocat Me David Dokhan au micro de la radio France Inter, précisant que ses clients n’avaient « pas de bulletin de salaire » et « aucune protection sociale ».

« La ministre (Christiane Taubira) a la volonté d’agir et de s’emparer du sujet », a assuré le porte-parole adjoint du ministère, précisant qu' »un plan d’action a été décidé », avec notamment le recrutement rapide de 45 interprètes. « Un décret est prévu pour début 2016 pour clarifier leur statut » et « il y aura un versement progressif des cotisations sociales », a-t-il expliqué.

Une régularisation qui coûtera cher aux collaborateurs

Cette régularisation aura un coût élevé pour l’Etat, mais aussi pour ces collaborateurs, dont les salaires étaient majorés d’environ 30% en l’absence de tout prélèvement, relève le rapport, qui note un risque de « tarissement du recrutement de certaines personnes intervenant ponctuellement ».

Dans tous les cas, le rapport, cité par le Canard Enchaîné, rappelle que l’Etat est dans l’illégalité: « En fin de compte, on peut s’interroger sur la cohérence et l’image d’une justice qui, d’une part, s’accommode de pratiques clairement irrespectueuses de la loi, et d’autre part, sanctionne sans indulgence les manquements à la législation sur le travail ».

Le mini-remaniement se fait encore attendre

Le casse-tte du mini-remaniement li au dpart de Franois Rebsamen serait-il plus complexe que prvu? Les annonces n’ont finalement pas eu lieu avec le Conseil des ministres de ce mercredi comme promis.

L’opposition pourra de nouveau rebondir sur une promesse non tenue par l’exécutif. En effet, le remplaçant de François Rebsamen au ministère du Travail et le mini-remaniement qui s’ensuit devaient être annoncés lundi ou mardi pour être « acté[s] avant le Conseil des ministres de mercredi », selon une source gouvernementale. Promis. Mais raté.

L’entourage de François Hollande situe désormais ces annonces pour « après le Conseil des ministres et, en tout état de cause, avant la fin de la semaine ». Qui plus est avant la conférence de presse semestrielle du président de la République, prévue lundi prochain à 11h et au cours de laquelle on l’imagine mal décliner lui-même les noms du gouvernement retouché de Manuel Valls.

Bruno Le Roux ou pas?

Or « à force d’attendre le remaniement ministériel qui ne vient pas, certains rhétoriqueurs à l’imagination fertile ‘fabriquent’ des gouvernements de ‘radio-trottoir’ au sein desquels des personnalités sont mutées, maintenues ou limogées ». Non, le site Camer.be ne parle pas de la France mais du Cameroun qui, à ce rythme, connaîtra ses ministres plus vite que les Français ne découvriront le nouveau ministre du Travail…

Quant aux rumeurs, évidemment, elles courent. Dans la liste des pressentis, déjà répétée mille fois depuis l’annonce du départ de François Rebsamen pour la mairie de Dijon, un nom semble se détacher: Bruno Le Roux. Mais alors qui le remplacerait, lui, à la tête du groupe socialiste à l’Assemblée nationale? « Les noms des députés Olivier Faure, Guillaume Bachelay ou encore Christophe Borgel circulent, Guillaume Bachelay tenant la corde », avance Atlantico.

Une valse de radicaux et d’écolos?

Autre ingrédient pour pimenter ce jeu de chaises musicales: Sylvia Pinel serait « lasse de sa fonction » au ministère du Logement, affirme Challenges. Elle rejoindrait Carole Delga, déjà sortie du gouvernement pour mener campagne pour les élections régionales dans la nouvelle région Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon. Mais alors l’équipe de Manuel Valls ne compterait plus aucun membre issu du Parti radical? Un an après son échec aux élections sénatoriales, Jean-Michel Baylet, patron de la formation, pourrait lui-même « faire son entrée » pour « compenser ».

Jean-Yves Le Drian, également candidat aux élections régionales en Bretagne, est-il lui aussi sur le départ ou patiente-t-il encore un peu au ministère de la Défense? Et les départs médiatiques de Jean-Vincent Placé et François de Rugy d’EELV auront-ils un quelconque impact, avec le retour des écologistes au gouvernement, un an et demi après l’avoir quitté?

Ce simple « poste pour poste » devait être « éminemment politique », croyait savoir le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis en début de semaine. Oui, mais pour envoyer quel message? François Hollande n’a plus qu’à faire émerger ce qu’il préfère: la synthèse.

Remaniement: Myriam El Khomri, nouvelle ministre du Travail

Benjamine du gouvernement, Myriam El Khomri quitte le secrtariat d’Etat charg de la politique de la Ville pour succder Franois Rebsamen, a annonc l’Elyse ce mercredi midi.

Myriam El Khomri succède à François Rebsamen au ministère du Travail, annonce l’Elysée ce mercredi à l’issue du Conseil des ministres. La benjamine du gouvernement, 37 ans, ne sera pas remplacée: son portefeuille est aspiré par son ministre de tutelle, Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.

Passation de pouvoir et visite d’un Pôle Emploi

« Le président de la République, sur proposition du Premier ministre, a mis fin aux fonctions de François Rebsamen et nommé Madame Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle », a annoncé l’Elysée. La passation de pouvoir est attendue à 15h30, après quoi elle est attendue pour une première visite dans une agence Pôle Emploi près de Paris, d’après iTélé.

Le départ de François Rebsamen pour la mairie de Dijon a entraîné ce mini-remaniement « poste pour poste », attendu depuis le début de la semaine. De nombreux noms avaient circulé (Bruno Le Roux, Alain Vidalies, Jean-Marc Germain…) avec plus d’insistance que celui de Myriam El Khomri, tout de même mentionnée par La Lettre de L’Expansion.

Venue à la politique sous l’ère Delanoë-Vaillant, Myriam El Khomri est née à Rabat en 1978 d’une mère bretonne, enseignante, et d’un père marocain, commerçant. Après une enfance passée au Maroc puis dans les Deux-Sèvres, elle a suivi des études de droit public à la Sorbonne. C’est par le biais de son stage de fin d’études et son mémoire qu’elle entre en politique, au PS et dans le 18e arrondissement de Paris. Un début de parcours qui suscite déjà des commentaires dans l’opposition.

Spécialiste des questions de sécurité et de prévention à la mairie de Paris, Myriam El Khomri était porte-parole d’Anne Hidalgo pendant les élections municipales en 2014. Elle était le « shérif » de la maire de Paris, qui était elle-même son « modèle » politique, racontait Libérationil y a un an. A cette époque, leurs chemins se séparait: Myriam El Khomri était appelée au gouvernement en août 2014.

La « chouchoute » qui « participe au renouvellement »

Secrétaire d’Etat chargée de la politique de la Ville jusqu’à ce mercredi, elle se trouvait sous la tutelle de Patrick Kanner. Mais « la vraie ministre de la Ville, c’est elle », écrivait Le Journal du Dimanche qui la qualifiait de « chouchoute » du pouvoir, en juillet dernier. « J’ai encore du travail, si on me laisse du temps », confiait cette mère de deux enfants à l’hebdomadaire dominical. L’exécutif lui en laisse… mais finalement pas au même poste.

« Elle a parfaitement rempli sa tâche avec la préoccupation d’être proche du terrain, à l’écoute, en prise avec les citoyens », précise l’entourage de François Hollande. Elle « appartient à une nouvelle génération » et « participe au renouvellement », plaide-ton encore pour justifier ce choix. Dans l’entourage de Manuel Valls, on voit en elle une autre membre de la « génération Macron-Vallaud-Belkacem-Pellerin », lit-on encore sur le site de la chaîne info.

La benjamine du gouvernement a désormais la lourde tâche de tenter d’inverser la courbe ascendante du chômage, un engagement du chef de l’Etat qui en a fait la condition sine qua non de sa candidature à un second mandat. « Nous voulons motiver les entreprises à travailler dans les quartiers populaires », disait-elle lundi dans Les Echos. Un signe avant-coureur de sa promotion surprise?

Le gouvernement envoie un député en mission sur une île déserte

Ce matin au Journal officiel, une nouvelle mission gouvernementale a été confiée à un parlementaire : le député Philippe Folliot (UDI, Tarn) est chargé par le gouvernement d’une mission sur la valorisation scientifique de l’île de Clipperton.

(source Wikimedia)

(source Wikimedia)

Quelque part au fond du Pacifique, à 1200 km des côtes Mexicaines se niche un petit coin de France appelé île de Clipperton. Cet îlot de 1,7 km² est français depuis 1711.

L’îlot est inhabité mais il nous a été plusieurs fois disputé par le Mexique. Il a notamment été occupé par une garnison mexicaine au début du XXème siècle, qui en profité pour extraire tout le phosphate (qui dit oiseaux dit guano, qui dit guano dit phosphate). Une centaine de personnes vivait ainsi sur l’ilôt en 1914. Hélas pour ces occupants, à la suite de la révolution mexicaine le Mexique les a oublié sur l’ile. Quand un bateau de passage secourut les naufragés en juillet 1917, il ne restait que 3 femmes et 8 enfants. Tous les hommes avaient été tués par le scorbut, sauf le dernier assassiné.

Cet homme, Victoriano Álvarez, avait profité de sa position de dernier survivant masculin pour se proclamer roi,  instaurant une tyrannie contre les femmes survivantes en tuant et violant. Il fut tué à la veille du passage de l’USS Lexington, un bateau américain qui cherchait des allemands mais ne trouva que les survivantes. Celles-ci furent ramenées en Californie, jugées, acquittées et renvoyées au Mexique.

La souveraineté française fut officiellement reconnue en 1931, mais l’île fut occupée par les Américains à la fin de la seconde guerre mondiale (qui furent victime d’un débarquement raté sur une île déserte). Face aux protestations énergiques de la France et du ministre Georges Bidault, les Américains nous rétrocédèrent l’île en mars 1945.

(source Wikimedia)

(source Wikimedia)

Depuis, on y a fait quelques visites : De Gaulle y a envoyé des missions dans les années 60 (dûment relatées par Gabriel Macé du Canard enchaîné), Cousteau est passé en 1980, Jean-Louis Etienne y a conduit une expédition en 2005. Il faut dire qu’il n’y a pas grand chose à faire à Clipperton. Le phosphate est épuisé, mais il y a une zone économique exclusive de 200 milles marins (on trouve du thon dans les eaux de Clipperton). La population de Clipperton est réduite : outre des rats (arrivés sur l’ile il y a une vingtaine d’années), on trouve surtout des crabes (environ 10 millions) et la plus grosse colonie de fou masqué du monde. Et un député UDI, donc.

Ce député était présent sur l’île au printemps dernier avec une mission de la marine nationale (voir son journal de bord). Il a l’air pleinement convaincu du potentiel de Clipperton et de la nécessité de l’exploiter. Il a même réussi à convaincre le gouvernement de lui confier une mission sur le sujet (mission bénévole, rappelons-le). On peut juste se demander si c’est bien le rôle d’une mission gouvernementale confiée à un parlementaire…

La complexe proposition de Valls pour les migrants en Europe – L’édito de Christophe Barbier

Par Christophe Barbier, publié le 31/08/2015 à 13:03

Accueillir plus de migrants, que chaque pays prenne sa part : l’idée de Manuel Valls est honorable mais difficile à mettre en place. D’abord il faudrait agir dans les pays d’où ils partent et y stabiliser la situation, agir en Méditerranée contre les passeurs, et changer les règles européennes. L’édito de Christophe Barbier.

Front de gauche: Mélenchon et Laurent (encore) en désaccord

Rgulirement, Jean-Luc Mlenchon et Pierre Laurent affichent leurs dsaccords. En cette rentre politique, les deux leaders du Front de gauche ont notamment des visions diffrentes des relations nouer avec EELV.

Si EELV semblait proche de l’implosion ces derniers jours, les troupes du Front de gauche font aussi leur rentrée dans la désunion. Dix jours avant la traditionnelle Fête de l’Huma, Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent affichent leurs désaccords, une fois de plus. Chacun tenait d’ailleurs son propre rendez-vous de rentrée, ce week-end. « Depuis deux ans, le PCF et le PC ne prennent même plus la peine de faire leur rentrée politique conjointement », note Le Monde qui revient sur cette rentrée dispersée, ce lundi.

Quels liens avec EELV aux régionales?

A Toulouse, le Parti de Gauche (PG) menait son « remue-méninges » annuel alors que le rapprochement avec EELV se précise dans plusieurs régions pour le scrutin de la fin de l’année. De quoi réjouir Jean-Luc Mélenchon qui souhaite « élargir » le Front de gauche. « Que l’on se dirige peut-être vers cinq ou six régions où les militants écologistes viendraient faire des listes communes avec nous est une très grande nouvelle », s’est félicité le patron du PG, rapporte RFI. Et tant pis si rien n’est encore finalisé.

Le leader du Parti communiste (PCF), lui, sourit moins. « Le Front de gauche ne peut pas, pour quelques postes, être la roue de secours d’une EELV qui chercherait à sauver les meubles », après le départ médiatique de François de Rugy et Jean-Vincent Placé, qui dénonçaient la « dérive gauchiste » de leur ex-parti. Alors que Jean-Luc Mélenchon demande aux communistes de « faire des efforts », Pierre Laurent lui répond qu’il s’agit d’un « mauvais procès », depuis Les Karellis, en Savoie. Un accord pourrait être envisagé à condition qu’il soit « équilibré et respectueux des forces en présence », nuance-t-il ce lundi matin sur France 2.

Ce n’est pas la première fois que les deux hommes s’opposent publiquement, alors qu’on leur prête à tout deux des prétentions présidentielles pour 2017. Dès 2012, Jean-Luc Mélenchon accusait les communistes de ne pas aller assez loin et de n’être que des « quasi-socialistes à peine déguisés » qui font alliance au cas par cas pour les élections locales. L’an dernier à la même période, Pierre Laurent recommandait à Jean-Luc Mélenchon de ne pas « confondre la colère et la radicalité nécessaire avec la provocation et l’invective ». Ce dernier n’avait pas apprécié.

Syriza se divise, chacun choisit son camp

Cette fois, outre la question stratégique des accords avec EELV pour les élections régionales, ils se sont trouvés une nouvelle pomme de discorde: Syriza. Si Pierre Laurent semble toujours soutenir Alexis Tsipras et son plan A, Jean-Luc Mélenchon opte pour le plan B et brûle l’idole autrement adorée de la gauche radicale européenne. « Nous avons fait le choix d’entrer en relation avec le parti grec Unité populaire », formé par une trentaine de parlementaires dissidents de la coalition Syriza, désormais fracturée.

« La Fête de l’Humanité, qui se tient du 11 au 13 septembre à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), pourrait être un nouveau théâtre de divisions », avertit Le Monde. En effet, Pierre Laurent accueillera des représentants de Syriza, alors que Jean-Luc Mélenchon annonce la venue de Yanis Varoufakis, ex-ministre grec des Finances qui n’en finit plus de dénoncer la « reddition » d’Alexis Tsipras cet été. Il n’y a pas qu’en France que la gauche et la gauche de la gauche se morcelle.

La convergence des extrêmes.

Il nous a souvent été donné de formuler ici même un double constat : d’une part, la porosité qui rapproche, jusqu’à parfois les faire se confondre, les radicalités d’extrême gauche et d’extrême droite ; d’autre part, la substitution aux séculaires antagonismes gauche-droite d’un nouveau type d’opposition centré sur le devenir du projet européen, adhésion ou refus. Cette approche vient de recevoir une singulière confirmation avec les récentes propositions de M. Jacques Sapir.

Avec des personnalités comme le philosophe Alain Badiou ou l’économiste Jacques Généreux, Jacques Sapir est l’un des intellectuels phares de la « gauche de gauche ». Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), c’est un spécialiste de l’économie russe et un théoricien dont l’oeuvre puise autant chez Marx que chez Keynes. Or, voilà que commentant le 21 août le déroulement de la crise grecque, il propose une alliance de tous les mouvements critiques de la zone euro souhaitant une sortie de la monnaie unique, un « front de libération nationale » allant de l’extrême gauche au Front national. « L’heure n’est plus au sectarisme et aux interdictions de séjour », proclame-t-il.

On sait les remous qu’ont suscité des propos aussi décoiffants, mais ils n’en sont pas moins révélateurs. Nous avons déjà remarqué les passerelles apparues entre le courant chevènementiste et le Front de Marine Le Pen, mais lorsque Jacques Sapir affirme sur Twitter que « le FN n’est pas un parti fasciste », ajoutant : « laissez tomber les grands mots », il ne fait pas que critiquer les simplifications hâtives, il tend une main. Un dénominateur commun est mis en évidence : le refus du processus européen dont la logique, quoi qu’on en dise, est une fédéralisation à laquelle on oppose la restauration de l’état national pleinement souverain, d’où ce terme de « souverainisme » qui dissimule mal une résurgence du nationalisme.

Qu’il y ait équivoque, ce n’est pas contestable. L’anti-européisme de gauche se nourrit du vieux cliché marxiste qui oppose l’internationalisme prolétarien, solidarité de classe, au rapprochement des « états bourgeois » dont la finalité est le renforcement du capitalisme. Lénine voyait dans toute tentative unitaire des puissances européennes une coalition contre la révolution communiste. Bien qu’ayant renoncé au motif idéologique, Poutine n’est pas loin de penser la même chose en faisant de l’UE l’ennemi potentiel de la nation russe et l’on voit là où se situe le possible glissement de l’anticapitalisme radical à l’affirmation nationaliste. Ce n’est peut-être pas un hasard si Jacques Sapir est un spécialiste du monde russe.

L’anti-européisme devient alors l’élément fédérateur de mouvements qui semblent politiquement aux antipodes les uns des autres. Tout ce qui fait avancer l’unité européenne est à combattre par tous les moyens, à commencer cette monnaie unique qui porte en elle un irrésistible facteur de fédéralisation. Sortir de l’euro (et le condamner ainsi à disparaître), rétablir les frontières inter-étatiques, renoncer aux politiques libre-échangistes, refuser tout abandon de souveraineté deviennent des revendications communes et justifient des rapprochements tactiques.

Un examen lucide de l’histoire récente montre d’ailleurs qu’en France, ce processus a commencé il y a dix ans. En jouant des ambiguïtés dont nous avons fait état, le Front national a remporté en 2005 une éclatante victoire, bien plus réelle que l’occasionnelle présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2002 : le rejet du projet de Traité constitutionnel européen qui, au delà de ses nombreuses faiblesses , était évidemment porteur d’un progrès dans l’intégration que les nationalistes d’extrême droite abhorraient. La manipulation de l’électorat de gauche, facilitée par les manoeuvres d’appareil de Laurent Fabius prêt à tout pour s’emparer de la direction du PS, ont conduit à la victoire du »non » au référendum, prélude aux yeux des adversaires de tout poil de l’unité européenne d’un écroulement de l’Europe de Maastricht. Et si ce dernier a été évité in-extremis, c’est grâce au sursaut des dirigeants européens qui ont improvisé hâtivement le traité de Lisbonne. Tout est donc à recommencer pour ceux qui, quelles que soient les raisons invoquées, refusent viscéralement l’idée d’une Europe fédérale.

Alors, autant cesser de s’affronter et unir ouvertement ses efforts. C’est tout le sens de la proposition de Jacques Sapir et, du même coup, l’étrange parenté qui unit souterrainement les extrêmes apparaît au grand jour.

N’oublions pas que le fascisme (le vrai, celui de Mussolini dans l’Italie des années 1920) est issu de l’extrême gauche et que le noir des chemises emblématiques portées par les « squadristi » était la couleur de l’anarchisme.

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